L'Eurocode 7, décliné en France et dans plusieurs pays francophones par les normes NF P94-261 (fondations superficielles) et NF P94-262 (fondations profondes), structure aujourd'hui le dimensionnement géotechnique des fondations. Pour un ingénieur, le comprendre n'est pas qu'une question réglementaire : c'est ce qui détermine quelles données de terrain et de laboratoire sont réellement nécessaires avant de lancer un calcul.
Fondations superficielles vs profondes : deux normes, deux logiques
La NF P94-261 couvre les semelles isolées, filantes et les radiers — des fondations qui transmettent les charges directement par la base. La NF P94-262 couvre les pieux et autres fondations profondes, qui mobilisent à la fois la résistance de pointe et le frottement latéral le long du fût. Le choix entre les deux n'est pas qu'une question de profondeur : il dépend de la portance du sol superficiel, de la présence éventuelle d'une nappe phréatique, et du niveau de charge à transmettre.
Les 3 vérifications imposées par l'Eurocode 7
- Portance : la capacité portante du sol sous la fondation doit rester supérieure à la charge appliquée, avec un coefficient de sécurité réglementaire.
- Glissement : pour les fondations soumises à des efforts horizontaux (poussée des terres, vent, séisme), la résistance au glissement à l'interface sol-fondation doit être vérifiée.
- Tassement : même quand la portance est largement suffisante, un tassement excessif ou différentiel peut endommager la structure — c'est souvent le critère qui dimensionne réellement la fondation, pas la rupture.
D'où viennent les paramètres d'entrée
Ces trois vérifications ne sont fiables que si les paramètres de sol qui les alimentent le sont aussi. Concrètement :
- La pression limite (Pl*) et le module pressiométrique (Em) de l'essai Ménard alimentent directement les formules de portance et de tassement de la méthode pressiométrique, la plus utilisée en pratique courante.
- Les essais de laboratoire (limites d'Atterberg, granulométrie, œdométrique, cisaillement) permettent de classer le sol (USCS) et d'estimer ses paramètres de résistance et de compressibilité lorsque la donnée pressiométrique est absente ou doit être recoupée.
- La profondeur de la nappe phréatique, relevée au sondage, modifie directement les contraintes effectives utilisées dans les calculs de portance.
Pourquoi automatiser à partir du modèle 3D
La pratique la plus répandue reste de choisir « à dire d'expert » un sondage représentatif, puis de saisir manuellement ses paramètres dans un logiciel de calcul de fondations. Cette approche fonctionne, mais elle perd l'information spatiale : le sol varie d'un point à l'autre du site, et un seul sondage ne représente jamais parfaitement l'ensemble de l'emprise. Relier directement le dimensionnement EC7 à un modèle 3D du sous-sol (issu du krigeage des sondages et des essais pressiométriques) permet de vérifier la fondation à l'endroit exact où elle sera construite, avec les paramètres réellement interpolés à cette position — pas seulement ceux du sondage le plus proche.
C'est l'approche retenue dans GeoSol Studio : le module fondations consomme directement les résultats du modèle géologique 3D et des essais labo/pressio déjà enregistrés, sans ressaisie manuelle des paramètres de sol.
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